Le paysage européen des cybermenaces reste dominé par le ransomware, les campagnes DDoS liées à l’hacktivisme et les opérations influencées par les tensions géopolitiques. C’est le constat du rapport ENISA Threat Landscape 2026, fondé sur les événements observés entre janvier et décembre 2025.
L’agence européenne classe le ransomware comme le type d’incident susceptible d’avoir le plus fort impact à court terme. En parallèle, l’administration publique demeure le secteur le plus fréquemment ciblé.
Les entités essentielles concentrent les attaques
Selon l’ENISA, 73 % des organisations visées appartiennent aux catégories d’entités essentielles ou importantes définies par NIS2. L’administration publique représente 32 % des cas, devant les services aux entreprises et les transports, chacun à 8 %, puis l’industrie à 7 % et la finance à 6 %.
Dans le secteur public, 82 % des événements recensés sont des attaques DDoS. Elles sont souvent motivées par l’idéologie et visent à rendre indisponibles des services ou à produire un effet médiatique.
Le ransomware demeure le risque opérationnel majeur
Le nombre brut d’incidents ne suffit pas à mesurer leur gravité. Une attaque par rançongiciel peut interrompre durablement une activité, entraîner une fuite de données et imposer des coûts de reconstruction élevés. L’extorsion sans chiffrement et le vol de données élargissent encore ce risque.
L’intelligence artificielle entre dans l’arsenal offensif
L’ENISA prévoit un usage croissant des modèles d’IA pour soutenir les opérations malveillantes. Ils peuvent faciliter la personnalisation du phishing, l’analyse de cibles, la production de contenus trompeurs et certaines étapes techniques.
- renforcer la gestion des accès privilégiés et l’authentification ;
- préparer des sauvegardes isolées et régulièrement restaurées en test ;
- dimensionner la protection DDoS des services essentiels ;
- centraliser les journaux et développer la détection comportementale ;
- intégrer fournisseurs et dépendances numériques dans l’analyse de risque ;
- exercer régulièrement les plans de crise et de continuité.
Une lecture directement utile pour NIS2
Les chiffres montrent que les organisations relevant de NIS2 ne sont pas seulement un périmètre réglementaire : elles constituent la majorité des cibles observées. La gouvernance, la notification des incidents et la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement doivent être traduites en contrôles opérationnels.
Pour les dirigeants, le message est clair : la résilience ne dépend pas uniquement d’un outil de sécurité. Elle repose sur la capacité à maintenir les services, partager rapidement l’information et reconstruire les systèmes après une compromission.


