Mobile money : Wave plaide pour une cybersécurité partagée en Afrique de l’Ouest

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À Bamako, Wave appelle les acteurs du mobile money à construire une cybersécurité commune plutôt qu’à protéger chacun leur plateforme de manière isolée. La fintech a porté ce message lors de la quatrième édition des Journées nationales de cybersécurité, organisées sous l’égide de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, des TIC et des postes (AMRTP).

Le mobile money est devenu une infrastructure essentielle

En Afrique de l’Ouest, le téléphone mobile représente souvent le premier accès aux services financiers. Il permet de recevoir un salaire, payer une facture, transférer de l’argent ou effectuer des achats sans compte bancaire classique. Wave revendique plus de 15 000 points de vente au Mali, ce qui illustre la place prise par ces services dans la vie quotidienne.

À l’échelle de l’UEMOA, les chiffres donnent la mesure de l’enjeu. La zone comptait fin 2023 plus de 180 millions de comptes de monnaie électronique actifs et un volume annuel de transactions supérieur à 110 000 milliards de FCFA, selon les données citées de la BCEAO. Une interruption ou une fraude de grande ampleur peut donc toucher des ménages, des commerces et toute l’activité économique.

Des fraudes qui dépassent les frontières d’une entreprise

Les attaques les plus courantes comprennent l’hameçonnage par SMS, les faux messages WhatsApp, l’usurpation du service client, les fausses applications et le remplacement frauduleux de carte SIM. L’intelligence artificielle facilite aussi la production de messages crédibles, adaptés à la langue et au profil de la victime.

Or, une opération mobile money implique plusieurs intervenants : fintech, opérateur télécom, banque partenaire, réseau de distributeurs et parfois plateformes marchandes. Si ces acteurs ne partagent pas leurs signaux de fraude, un criminel bloqué chez l’un peut simplement se déplacer vers un autre.

Wave défend une sécurité collective

Cheick Touradou Sissoko, responsable régional de Wave sur un périmètre comprenant le Mali, le Niger, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, a insisté sur la nécessité d’un dialogue permanent entre opérateurs, fintechs, autorités et partenaires. L’objectif est de détecter plus vite les schémas de fraude et d’harmoniser les règles de réaction.

Cette approche rejoint le renforcement progressif des exigences de la BCEAO concernant la sécurité des systèmes d’information, la continuité d’activité et la protection des avoirs des clients. La cybersécurité devient ainsi une condition de stabilité financière, et non une simple question technique.

L’utilisateur reste une cible privilégiée

Même une plateforme bien protégée ne peut empêcher un client de communiquer volontairement son code secret à un faux conseiller. La sensibilisation doit donc expliquer des règles simples : un opérateur ne demande jamais un code PIN, un mot de passe ou un code reçu par SMS ; une urgence inhabituelle doit être vérifiée depuis le canal officiel ; et un lien envoyé par un inconnu ne doit pas être utilisé pour se connecter.

Les chantiers prioritaires pour le mobile money

  • Créer un mécanisme régional de signalement rapide des fraudes.
  • Renforcer l’authentification des clients et des agents distributeurs.
  • Mieux contrôler les changements de carte SIM et les récupérations de compte.
  • Partager des indicateurs de compromission entre télécoms, banques et fintechs.
  • Tester la continuité des paiements en cas de panne ou de cyberattaque.
  • Former régulièrement les utilisateurs dans les langues et formats les plus accessibles.

Sans confiance, pas de croissance durable

Le mobile money repose sur une promesse simple : l’argent doit rester disponible et les transactions doivent être fiables. Une succession de fraudes peut pousser les utilisateurs à revenir au liquide et freiner l’inclusion financière. Le plaidoyer de Wave rappelle donc que la prochaine étape de la croissance ne dépend pas seulement de nouvelles fonctionnalités, mais d’une confiance protégée collectivement.

Source : Africtelegraph, 1er novembre 2026.

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