Burkina Faso inaugure deux datacenters pour renforcer la souveraineté numérique et sécuriser les données publiques

Le 23 janvier 2026, le gouvernement du Burkina Faso a inauguré deux datacenters modulaires à Ouagadougou, marquant une étape majeure dans sa stratégie de souveraineté numérique. Ces infrastructures font partie intégrante de la politique nationale baptisée « zéro donnée à l’extérieur », visant à héberger, exploiter et sécuriser l’ensemble des données publiques sur le territoire national, et à rapatrier celles encore stockées à l’étranger.

Piloté par le Ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, le projet s’inscrit dans la stratégie globale de transformation numérique du pays. Avec une capacité combinée d’environ 3 000 téraoctets de stockage, 105 600 Go de mémoire vive et 28 800 cœurs de processeur, ces nouveaux centres pourront supporter plus de 7 000 machines virtuelles pour l’hébergement des plateformes des administrations publiques.

Un levier stratégique pour la cybersécurité et l’indépendance numérique

L’une des priorités de cette initiative est de renforcer la sécurité des données étatiques et d’éviter la dépendance envers des services de cloud ou d’hébergement étrangers. En contrôlant directement les données publiques, l’État réduit les risques liés aux accès non autorisés, aux fuites de données sensibles ou à l’ingérence externe. Le projet devrait également permettre d’améliorer la continuité de services numériques critiques et de générer d’importantes économies à long terme en diminuant les frais d’hébergement à l’étranger.

La cérémonie d’inauguration a été présidée par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, qui a qualifié ces datacenters d’acte de souveraineté majeur, soulignant que la maîtrise des données nationales est un enjeu de sécurité et d’autodétermination pour le Burkina Faso. Il a également annoncé la construction d’un futur datacenter national de niveau international d’ici 2028, qui accueillera à terme les données publiques, celles du secteur privé, des ONG et des acteurs économiques locaux.

Un pas vers une infrastructure numérique résiliente

Pour la cybersécurité du pays, ces datacenters représentent un changement fondamental :

  • Sécurisation des données sensibles de l’État, des citoyens et des services publics.
  • Réduction des risques d’incidents liés aux dépendances externes en matière de stockage et d’hébergement.
  • Création d’expertise locale pour la gestion et l’exploitation des infrastructures critiques.
  • Mise en place d’une base solide pour une cybersécurité plus mature et intégrée, capable de répondre aux menaces actuelles et futures.

Dans un contexte où les attaques numériques, espionnages ciblés et compromissions restent des risques concrets pour les gouvernements et les administrations, disposer d’une infrastructure souveraine représente un atout stratégique incontestable.

SOURCE : Afrique IT News

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