La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) est au cœur d’un important incident de cybersécurité. Une intrusion dans son système d’information, survenue fin juin 2026, aurait permis à un acteur malveillant de consulter et d’extraire des données concernant des particuliers et des professionnels. Bercy a confirmé l’intrusion, tandis que les investigations se poursuivent pour déterminer précisément l’ampleur de la compromission.
678 437 personnes seraient concernées
Selon les informations communiquées par le cybercriminel au média spécialisé FrenchBreaches, les données extraites concerneraient 678 437 personnes uniques.
Le fichier revendiqué se répartirait ainsi :
- 392 867 particuliers
- 285 570 professionnels
Ces chiffres sont toutefois à considérer avec prudence : ils proviennent des informations communiquées par l’auteur de la revendication et ne constituent pas encore le bilan officiel définitif de la DGFiP. L’administration indique que ses investigations sont toujours en cours.
Des informations fiscales particulièrement sensibles
La gravité de cette fuite réside notamment dans la nature des informations qui auraient été extraites.
Selon les éléments publiés par FrenchBreaches, les données revendiquées comprennent notamment :
- des identifiants fiscaux ;
- les noms et prénoms ;
- les dates de naissance ;
- les adresses ;
- les numéros de téléphone ;
- les adresses e-mail ;
- le revenu fiscal de référence ;
- le taux de prélèvement à la source ;
- des informations relatives à la situation familiale.
La combinaison de ces informations pourrait permettre à des cybercriminels de construire des profils très détaillés des personnes concernées et de mener des campagnes d’hameçonnage particulièrement crédibles.
Des contribuables aux revenus élevés également concernés
Les données revendiquées permettenttrait également d’identifier des contribuables disposant de revenus importants.
Parmi les 392 867 particuliers concernés, FrenchBreaches indique que :
- 26 805 auraient un revenu fiscal de référence d’au moins 100 000 € ;
- 386 dépasseraient 1 million d’euros ;
- 8 dépasseraient 10 millions d’euros.
Ces informations rendent potentiellement le fichier particulièrement intéressant pour les cybercriminels, puisqu’il ne contientrait pas uniquement des données d’identité, mais également des informations permettant d’estimer la situation financière des victimes.
Une intrusion liée à une usurpation d’identité
Selon les premières informations communiquées par Bercy, l’accès illégitime aurait eu lieu fin juin 2026 à la suite d’une usurpation d’identité.
L’accès aurait ensuite permis la consultation et l’extraction de données concernant des particuliers et des professionnels. La DGFiP affirme avoir rapidement renforcé les restrictions d’accès afin de mettre fin à l’accès non autorisé et d’éviter de nouvelles connexions.
Les équipes de la DGFiP travaillent notamment avec les services spécialisés de l’État, dont l’ANSSI, afin d’établir précisément les données compromises et l’ampleur de l’incident.
Quel risque pour les personnes concernées ?
Une fuite de cette nature peut surtout favoriser les arnaques ciblées et l’ingénierie sociale.
Un attaquant disposant simultanément du nom d’une personne, de son adresse, de son e-mail, de son téléphone et d’informations fiscales peut concevoir des messages très convaincants se faisant passer pour l’administration fiscale.
Les victimes potentielles doivent donc être particulièrement prudentes face aux :
- e-mails prétendant provenir des impôts ;
- SMS demandant de régulariser une situation fiscale ;
- appels téléphoniques utilisant des informations personnelles réelles ;
- fausses demandes de paiement ou de remboursement ;
- liens conduisant vers de faux sites administratifs.
Il est important de ne jamais communiquer un mot de passe, un code reçu par SMS ou des informations bancaires à la suite d’un message inattendu.
Les personnes concernées seront-elles informées ?
À ce stade, la DGFiP n’a pas encore communiqué publiquement la liste définitive des personnes touchées.
Bercy indique que les usagers concernés doivent être informés individuellement, avec des précisions sur les données susceptibles d’avoir été consultées ou extraites ainsi que, le cas échéant, les mesures de vigilance à adopter.
Il est donc recommandé de rester attentif aux communications officielles et de se méfier des messages prétendant « confirmer » une fuite ou proposer un service permettant de vérifier ses données.
Une affaire qui pourrait encore évoluer
L’incident est toujours en cours d’investigation et le nombre définitif de personnes concernées pourrait donc évoluer.
Par ailleurs, FrenchBreaches a signalé une seconde revendication potentiellement liée à la DGFiP, portant cette fois sur des données concernant près de deux millions de propriétaires immobiliers et fonciers. Cette seconde fuite n’est toutefois pas confirmée par Bercy à ce stade et doit donc être distinguée de l’incident des 678 437 personnes.
À retenir
Cette nouvelle affaire illustre une nouvelle fois l’importance de la protection des données administratives. Les informations fiscales sont particulièrement sensibles : lorsqu’elles sont combinées à des données d’identité et de contact, elles peuvent devenir une arme efficace pour mener des campagnes de phishing et d’arnaques personnalisées.
Pour le moment, 678 437 personnes sont citées comme potentiellement concernées, mais ce chiffre reste une estimation issue des données communiquées par le cybercriminel et relayées par FrenchBreaches. L’enquête officielle de la DGFiP doit encore déterminer l’ampleur exacte de la compromission.


