Le fabricant américain de vêtements Levi Strauss & Co. a révélé avoir été victime d’une cyberattaque contre Levi Strauss au cours de laquelle un tiers non autorisé a réussi à accéder à certains systèmes de l’entreprise grâce à des techniques d’ingénierie sociale.
L’incident a ciblé trois employés et aurait permis aux attaquants d’obtenir un accès à des ressources de l’entreprise avant d’exfiltrer certaines informations confidentielles. L’affaire a été révélée publiquement par Levi Strauss le 7 août 2026.
Selon les informations rapportées par Reuters, l’entreprise affirme avoir contenu l’incident et ne dispose actuellement d’aucun élément indiquant que les données de ses consommateurs ont été compromises.
Trois employés ciblés par les attaquants
L’un des éléments les plus importants de cette affaire concerne le mode opératoire utilisé par les cybercriminels.
Plutôt que de s’appuyer uniquement sur une vulnérabilité logicielle, les attaquants ont ciblé directement trois employés de Levi Strauss au moyen de techniques d’ingénierie sociale.
Cette méthode consiste à manipuler une personne afin de l’amener à effectuer une action susceptible de compromettre la sécurité de l’organisation.
La CISA rappelle d’ailleurs que l’ingénierie sociale peut être utilisée pour inciter une victime à révéler des informations sensibles ou à effectuer une action permettant de compromettre un système ou un réseau.
Dans le cas de Levi Strauss, les informations disponibles ne permettent toutefois pas de déterminer publiquement la technique précise utilisée contre chacun des trois employés.
Des informations confidentielles exfiltrées
Après avoir obtenu l’accès nécessaire, le tiers non autorisé a pu exfiltrer des informations confidentielles appartenant à Levi Strauss.
L’entreprise n’a pas publiquement détaillé l’ensemble des données concernées. Une investigation est donc nécessaire pour déterminer précisément quelles informations ont été consultées, copiées ou transférées.
Cette situation est particulièrement importante dans une attaque par ingénierie sociale : une compromission initiale limitée peut progressivement permettre à un attaquant d’accéder à davantage de ressources si les comptes concernés disposent de privilèges importants.
Levi Strauss affirme toutefois ne disposer d’aucune indication montrant que les données de ses consommateurs ont été affectées. L’entreprise indique également que ses opérations commerciales n’ont pas été perturbées par l’incident.
Une méthode d’attaque de plus en plus utilisée
L’affaire Levi Strauss intervient dans un contexte où les cybercriminels utilisent de plus en plus le facteur humain comme porte d’entrée vers les réseaux d’entreprise.
Un exemple récent concerne des campagnes dans lesquelles des attaquants se font passer pour des membres du support informatique afin de convaincre des employés de communiquer leurs informations d’authentification ou leurs codes MFA.
Une enquête de Reuters sur ces campagnes d’ingénierie sociale indique que les attaquants ont notamment utilisé de faux appels du support informatique et des sites frauduleux pour tenter de récupérer des identifiants.
Le phénomène montre que même des entreprises disposant d’importantes infrastructures de cybersécurité peuvent rester vulnérables lorsqu’un attaquant réussit à convaincre un utilisateur légitime.
Pourquoi l’ingénierie sociale reste-t-elle aussi efficace ?
L’efficacité de cette technique repose essentiellement sur la confiance.
Un employé peut recevoir un message semblant provenir de son service informatique, être contacté par téléphone par une personne prétendant travailler pour l’entreprise ou recevoir une demande urgente provenant apparemment d’un responsable.
L’objectif est généralement de créer un sentiment d’urgence afin de réduire le temps laissé à la victime pour vérifier la légitimité de la demande.
La documentation de la CISA sur le phishing rappelle notamment que les attaques de phishing peuvent utiliser des emails, des messages ou même des appels téléphoniques pour tromper une victime et obtenir un accès initial au réseau.
Le risque ne s’arrête pas au compte compromis
Une fois qu’un compte employé est compromis, l’attaquant peut chercher à exploiter les autorisations disponibles.
Il peut notamment tenter de :
- consulter des documents internes ;
- récupérer des informations confidentielles ;
- accéder à des applications professionnelles ;
- rechercher d’autres comptes ;
- se déplacer latéralement dans le réseau ;
- maintenir un accès persistant ;
- exfiltrer progressivement des données.
C’est pourquoi le principe du moindre privilège constitue une mesure importante. Un compte utilisateur compromis ne devrait pas permettre automatiquement d’accéder à l’ensemble du système d’information.
Levi Strauss affirme avoir contenu l’incident
Le fabricant américain indique avoir pris des mesures pour contenir la compromission et empêcher la poursuite de l’accès non autorisé.
Les investigations doivent maintenant permettre de déterminer précisément la chronologie de l’attaque, les systèmes concernés et la quantité de données effectivement exfiltrées.
À ce stade, Levi Strauss n’a pas attribué publiquement l’attaque à un groupe cybercriminel particulier. Il serait donc prématuré d’associer officiellement cet incident à un acteur précis.
Les données des consommateurs ne seraient pas concernées
Pour les clients de Levi Strauss, l’information la plus importante communiquée jusqu’ici est l’absence d’indication montrant que leurs données ont été compromises.
L’entreprise affirme également que l’incident n’a pas provoqué de perturbation significative de ses activités commerciales.
Cette précision reste toutefois à mettre en perspective avec le fait que l’enquête est toujours en cours. Le périmètre exact de l’incident pourrait donc évoluer à mesure que l’analyse des systèmes compromis progresse.
Quelles leçons pour les entreprises ?
L’affaire Levi Strauss montre qu’une stratégie de cybersécurité efficace ne peut pas reposer uniquement sur les pare-feu, antivirus, EDR ou systèmes de détection.
La protection des identités et des utilisateurs doit également constituer une priorité.
Les entreprises devraient notamment :
Renforcer l’authentification
L’activation d’une authentification multifacteur (MFA) réduit le risque qu’un simple mot de passe compromis permette immédiatement l’accès à un compte.
La CISA recommande notamment de privilégier les méthodes d’authentification résistantes au phishing lorsque cela est possible.
Former régulièrement les employés
La sensibilisation doit aller au-delà du simple phishing par email.
Les collaborateurs doivent également apprendre à reconnaître les faux appels du support informatique, les demandes urgentes, les tentatives d’usurpation et les sites d’authentification frauduleux.
Limiter les privilèges
Les comptes utilisateurs doivent disposer uniquement des autorisations nécessaires à leurs fonctions.
Cette approche permet de limiter les conséquences d’une compromission.
Surveiller les comportements inhabituels
Les entreprises doivent surveiller les connexions inhabituelles, les téléchargements massifs, les accès à des ressources inhabituelles et les transferts importants de données.
Une solution EDR/XDR, associée à une surveillance centralisée des journaux, peut notamment contribuer à identifier rapidement ce type de comportement.
Une nouvelle illustration du risque lié au facteur humain
La cyberattaque contre Levi Strauss rappelle finalement une réalité importante : les technologies de sécurité les plus avancées ne suffisent pas toujours lorsqu’un attaquant réussit à exploiter la confiance d’un employé.
Dans cette affaire, trois ordinateurs professionnels ont été compromis et des informations confidentielles ont été exfiltrées. Levi Strauss affirme cependant avoir contenu l’incident et ne disposer d’aucun élément indiquant une compromission des données de ses consommateurs.
Pour les entreprises, le principal enseignement est donc clair : la cybersécurité doit associer protection technique, sécurité des identités, surveillance des systèmes et formation continue des utilisateurs.
L’objectif n’est plus seulement d’empêcher un attaquant d’exploiter une faille informatique, mais également de l’empêcher de transformer un simple échange avec un employé en porte d’entrée vers le système d’information
SOURCE : GbHackers


