Introduction
Le Sénégal fait face à une alerte majeure en matière de cybersécurité après la diffusion d’informations faisant état d’une cyberattaque ciblant la Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF), un service stratégique rattaché au ministère de l’Intérieur.
Selon des publications apparues sur des plateformes de surveillance du dark web, jusqu’à 139 téraoctets de données sensibles auraient été compromis, incluant des bases de données citoyennes et biométriques.
Si ces affirmations restent à ce stade partiellement non confirmées, les autorités sénégalaises ont reconnu l’existence d’un incident informatique, entraînant notamment la suspension temporaire de la production des cartes nationales d’identité.
Ce que révèlent les informations disponibles
D’après les éléments circulant en ligne, un groupe cybercriminel aurait revendiqué l’attaque sur un site accessible via le réseau Tor (.onion).
La victime désignée serait la DAF Sénégal, localisée à Dakar, avec une exfiltration annoncée de 139 To de données.
Les types de données mentionnés incluent :
- bases de données citoyennes,
- données biométriques (empreintes, photos, informations d’identification),
- dossiers liés à l’immigration,
- fichiers de sauvegarde et documents sensibles internes.
Un tel volume, s’il est avéré, représenterait l’un des plus importants incidents cyber jamais signalés dans l’administration sénégalaise.
Réaction officielle des autorités sénégalaises
Dans un communiqué daté du 5 février 2026, la Direction de l’Automatisation des Fichiers a confirmé :
- la détection d’un incident technique dans son système d’information,
- la suspension temporaire du service de production des cartes nationales d’identité,
- la mise en œuvre de mesures techniques pour rétablir la situation,
- l’ouverture d’une enquête officielle.
Les autorités ont toutefois tenu à rassurer la population, affirmant que l’intégrité des données personnelles des citoyens demeurait intacte à ce stade des investigations.
Enjeux et risques liés à l’attaque
La DAF joue un rôle central dans la gestion des données d’identité au Sénégal. Toute compromission de ses systèmes présente des risques majeurs :
- usurpation d’identité,
- fraude documentaire,
- exploitation malveillante de données biométriques,
- perturbation des services administratifs essentiels,
- atteinte à la confiance des citoyens envers la transformation numérique de l’État.
Contrairement à un mot de passe, les données biométriques sont irréversibles, ce qui accroît la gravité potentielle d’un tel incident.
Un contexte africain de cybermenaces croissantes
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de hausse des cyberattaques visant les administrations publiques africaines.
Les États, en pleine numérisation de leurs services (état civil, santé, fiscalité, sécurité), deviennent des cibles privilégiées pour les groupes cybercriminels.
Le Sénégal, souvent cité comme un pays moteur du numérique en Afrique de l’Ouest, n’échappe pas à cette tendance, renforçant la nécessité d’investir dans :
- la sécurité des infrastructures critiques,
- la surveillance des menaces,
- la formation en cybersécurité,
- les capacités de réponse aux incidents.
Perspectives et prochaines étapes
À ce stade, plusieurs zones d’ombre demeurent :
- l’authenticité exacte des données revendiquées par les attaquants,
- l’ampleur réelle de l’exfiltration,
- l’identité du groupe à l’origine de l’attaque.
Les résultats de l’enquête ouverte par les autorités seront déterminants pour confirmer ou infirmer les affirmations circulant sur le dark web.
En attendant, cet incident rappelle l’urgence pour les États africains de renforcer leur résilience cyber, face à des menaces de plus en plus sophistiquées et ciblées.
Conclusion
La cyberattaque présumée contre la DAF du Sénégal marque un signal d’alarme fort pour la sécurité numérique des administrations publiques africaines.
Même en l’absence de confirmation définitive sur l’ampleur de la fuite de données, la reconnaissance officielle d’un incident démontre que la cybersécurité est désormais un enjeu de souveraineté nationale.
Les prochains jours seront cruciaux pour établir la vérité, restaurer les services affectés et tirer les enseignements nécessaires afin d’éviter qu’un tel scénario ne se reproduise.
Source : Communiqué officiel de la Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF), Dakar


